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"une rivière miroitante qui serpente paresseusement entre
deux rideaux de peupliers argentés, dodelinant du chef
au gré du vent. Sur les versants des montagnes, posées
avec une exquise justesse comme par la main d'un peintre, des
maisons-forteresses en pisé où l'on engrangeait
le grain pour se protéger des attaques des pillards.
En contrebas, tout un camaïeu de verts et d'ocres, saupoudrés
dans le savant échiquier des cultures irriguées,
où de fragiles personnages multicolores s'activent. Des
ânes et des mules qui braient en cœur avec l'écho
des coqs chantant à tue-tête, et à part
ça de grandes rasades de silence jusqu'à plus
soif. La douceur d'Anergui se savoure lentement, elle donne
envie de se faire poète ou musicien.
Ici, dans cette vallée heureuse, la vie semble un long
oued tranquille. Les nuages font la course avec le soleil pour
nimber d'ombre et de mystère les contours des antiques
greniers à grains. Les hautes bâtisses solennelles
se dressent telles de rudes sentinelles, surplombant la rivière
éclaboussée de lumière. On voudrait être
Delacroix pour pouvoir garder et transmettre un peu de cette
magie des couleurs. Les enfants dévalent joyeusement
les pentes vers l'école. Les bergers poussent devant
eux leurs troupeaux. Pas le moindre bruit de moteur, tout ce
vaste domaine n'appartient qu'au vent et à votre regard
qui vagabonde librement. Respirez : vous êtes arrivés,
face à l'un des plus beaux paysages du monde et, pas
d'erreur, tout est juste bien ! Anergui, est sans doute l'un
des derniers endroits du Maroc où l'on peut remonter
le temps pour découvrir un monde disparu, loin du tourisme
de masse.
A Anergui, tout semble encore intact, comme si la course folle
de l'existence faisait ici une pause."
extraits de GRANDS REPORTAGES
d'octobre 2003 (www.grands.reportages.com)
Textes et photos Xavier Zimbardo (www.xavierzimbardo.com)
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http://www.terresnomades.com
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