La tradition
rurale de l'Atlas est ancestrale : la charrue de bois
et de métal est tiré par les mules -tassardount-
en Tamazight, langue parlée chez les berbères
de la vallée. Les mules sont indispensables dans
la vie des berbères : se déplacer, chercher
l'eau, aller au souk, le travail des champs et accessoirement…
porter les sacs des randonneurs. L'été,
dans les villages, elles sont les héroïnes
des moissons et animent la cérémonie du
battage. Sur le muret de pierres sèches qui délimite
l'aire sacrée (on y prie aussi le jour de l'Aïd)
les enfants regardent pour apprendre les gestes qu'ils
répéteront demain. Dans l'axe d'un piquet
planté au centre de l'arène -msalla- les
bêtes foulent l'orge, sous la directive des hommes.
Les femmes, dès l'aube, s'affairent aux travaux
des champs, réalisant carré après
carré, un vaste échiquier de cultures.
Elles reviennent au village au milieu de la matinée,
à l'heure du thé et de la cuisson du pain,
qu'elles assurent à tour de rôle. Pendant
les moissons les femmes chargent les chouari -immenses
paniers tressés- qu'elles descendent sur les
sentiers de la vallée.